Alors
voilà, un autre voyage en Acadie.
Un petit tour, trop court et même
trop neigeux. Très difficile pour les photos, vent, poudrerie et ciel
couvert. Cette fois-ci, ce sont les rencontres qui ont monopolisé le
temps, l’énergie et l’attention.
L’émotion ressentie pendant ces
rencontres acadiennes » était partagée des deux côtés de la table de
bureau, de café, de salon, de cuisine. Pour mon plus grand bonheur, ces
conversations devenaient parfois des confidences, jusqu’à l’intime. Je
n’étais pas le seul à la recherche de l’Acadie. Mes interlocuteurs
aussi cherchaient à cerner les réalités qui les définissaient, Muriel,
Ronald, Jeannette, Lizanne, Denis, David et même Gilles, le dernier
jour à Halifax.
Il y a l’histoire, il y a les faits, il y a le
quotidien. Il y a ceux qui réfléchissent et il y a ceux qui assument ce
qu’ils sont au quotidien, sans chercher de trop longues explications.
Il y a ceux qui sont mal entre deux peuples, entre deux histoires,
entre deux mondes.
L’ensemble de ces conversations qui se complètent
les unes les autres nous rapproche d’un peuple et d’un territoire aux
multiples facettes. Adaptation et lutte sont-ils les mots clés pour
caractériser les Acadiens?
Comment vit-on à Cap-Pelé, Dieppe,
Chéticamp, Pubnico, Baie-Sainte-Marie, Arichat, Tignish ou Rustico ?
Les
économies ne sont pas les mêmes, les populations ne sont pas composées
ou recomposées de la même façon. La présence des Écossais, des Anglais,
des Irlandais, n’a pas toujours eu la même influence sur les Acadiens.
L’équilibre entre ces populations diverses ne s’est pas constitué
partout de la même façon. Souvent, avec des effets différents. Il y a
plusieurs Acadies... »
Mon complice et ami, l’écrivain Louis Caron, a
mis des mots sur cette nouvelle aventure.
François Poche
Vision panoramique de L'ACADIE Conversations acadiennes
sur les traces de Samuel de Champlain Il
semblait évident pour les producteurs des grands évènements du Congrès
Mondial Acadien 2004 que cette exposition :
Vision panoramique de
L’Acadie, conversations acadiennes sur les traces de Samuel de
Champlain, méritait d'être présentée à Grand Pré, terre ancestrale de
l'Acadie, lieux de la première déportation, où l'Acadie fut déchirée et
ses enfants éparpillés aux quatre vents. Cette exposition redonne aux
Acadiens un sens d'appartenance et rapatrie chaque Acadien et Acadienne
à Grand Pré, terre promise, terre perdue.... terre retrouvée.Pour
réellement se voir, il est important d'avoir l'opportunité de se
regarder à partir des yeux des autres et de devenir l'observateur.
Être le sujet nous permet de ressentir au lieu d'agir, nous permet
aussi un regard sur nous-même afin de découvrir des choses qui nous
étaient devenues possiblement invisibles. Devenues invisibles pour
nous peut-être, mais pas pour celui qui a choisi de nous raconter et
de donner un sens a notre vie de tous les jours. Une vie simple
capable d'inspirer et de séduire ! Des photos qui capturent des
moments, des places, des vies, un peuple. Des mots qui s'échappent
lors d'une conversation et qui reviennent donner un sens à une place,
un visage. Des photos et des mots, des vies et des visages qui nous
définissent, qui nous racontent. Des photos et des mots qui disent
autant des autres que de nous. Des mots qui laissent des traces et qui
tracent des liens pour enfin marier l'œil et l'âme. Des mots légers,
des mots qui pèsent comme ces photos qui nous racontent, qui nous
dévoilent, qui nous parlent et qui nous chuchotent « regarde qui tu es,
regarde où t'es rendu, tu es revenu chez-toi à Grand Pré ».
Merci François Poche et Louis Caron
Ronald Bourgeois
Acadien, compositeur, interprète et organisateur du Congrès Mondial acadien 2004